Capture d’écran 2018-01-09 à 16.42.01

26 Fév LE VENTRE – Gilles Barbier, Fouad Bouchoucha, Anthony Duchêne, Anita Molinero

Du 03-02-2018 au 03-03-2018

Le Ventre 

 

Gilles Barbier, Fouad Bouchoucha, Anthony Duchêne et Anita Molinero nous offre à travers leurnouvelle exposition à la Yoko Uhoda Gallery une certaine idée du ventre.
Derrière des notions à la fois primaires et métaphoriques, cet accrochage nous transporte dans des univers formellement très différents, Bien que sensiblement proches. 

 

Pour Gilles Barbier, Ventre et cerveau sont inséparables. Avec des œuvres comme Habiter la Viande, ou Banana Head (Traumatic Insemination), la confrontation entre le dedans, intime, privé et forclos et le dehors, colonialiste, violeur, invasif, produit des rencontres inattendues : architectures austères et banane bien dures insérées dans les peaux moelleuses des consommateurs et des consommés, et jusque dans la viande dont nous sommes faits. 

 

Fouad Bouchoucha se tourne vers le sens intrinsèque du mot « ventre », le lieu de création de l’homme et de la vie. Il explore à travers cette conception ce que représentent les nouveaux espaces de la création actuelle, les logiciels de conception 3D. Ces derniers, matrice nouvelle de notre monde moderne, sont à l’origine la quasi-totalité des objets industriellement conçus. Ces sept logiciels laissent imaginer un monde de création sans limites, mais cette affirmation n’est-elle pas illusion ? Effectivement, l’artisan derrière ces ordinateurs n’est il pas conditionné par les possibilités et outils du système ? Ces derniers ne sont-ils pas que des fenêtres ouvertes sur une culture unique ? C’est ce que semble questionner Fouad Bouchoucha par ses dessins : l’idée d’une nouvelle nature mecaniste qui crée une parade d’objets identiques et dépourvus d’aspérités. 

 

Les oeuvres d’Anthony Duchêne sont directement inspirées du monde culinaire et de son histoire. Croisant l’univers de la chasse, de la nature et des sens, il évoque dans ses oeuvres des figures hybrides et des mutations animales qui visuellement apparaissent soutenues par une logique organique, mais qui ne sont en réalité que des leurres, des faux-semblants. Le chancre et Les Mangeurs d’Oiseaux nous renvoient directement à l’instinct du chasseur-cueilleur. Au menu : braconnage de volatiles non identifiés, ustensiles de gastronomes extrémistes et serviette sur la tête pour mieux apprécier le fumet et braver les interdits. 

 

Enfin, Anita Molinero condense le discours de l’exposition en un memento mori fulgurant de notre société. Son mur, reflet des conceptions numériques, est en partie digéré, comme attaqué par des sucsgastriques. Pied de nez au logiciel de conception, le mur est malmené, englouti, dans le ventre peut-être trop sollicité de l’homme moderne.

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterPin on Pinterest