visuel expo Charlotte B Knokke

10 Juil Charlotte Beaudry – ÉCRAN

Du 01-07-2017 au 17-07-2017

Yoko Uhoda Gallery – Knokke

ÉCRAN

 

Écran est un projet artistique de Charlotte Beaudry. Le travail d’un an, une collection de dessins réalisés sur des sous-bocks ou ronds à bières et présentés reliés et accompagnés de courtes nouvelles du critique d’art et écrivain Koens Brams.

 

Et donc Écran est aussi une rencontre entre l’artiste plastique et l’écrivain, et l’un et l’autre nous offrent des histoires sur un même sujet, décliné en images et en nouvelles. Les images ont été volées par Charlotte Beaudry sur les réseaux sociaux. Les histoires ont été inventées par Koens Brams et nous introduisent dans l’univers suggestif, poétique, évocateur de l’artiste.

 

L’ensemble fonctionne comme un carnet de travail, sans autre but que s’approprier des images aimées. Et qu’importe si, parfois, le spectateur se dit que tel ou tel dessin aurait pu devenir le motif principal d’une peinture grand format. D’une peinture sérieuse. Quand on vole, c’est d’un clignement de paupières et d’un battement d’ailes, loin des toiles géantes, leur béance, leur torpeur prédatrice.

 

La prédatrice Charlotte Beaudry, ravisseuse de selfies de son état, opère principalement sur Instagram et Facebook, fascinée par le narcissisme décomplexé de ces clichés, à la fois outil de communication et de reconnaissance sociale sur internet : selfie duck face (la bouche en bec de canard) ; selfie miroir ; legsie (montrant ses jambes nues étendues) ; cadrés sur les cheveux (helfie), ou la poitrine féminine (breastie), vue de fesse (belfie) ; objets sur une étagère (shelfie) ; selfie de groupe (group selfies) ou d’animaux, ils ont même leur article sur Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Selfie).

 

Fruits de fantasmes devenus à leur tour objets de fantasmes, ces photos sur l’écran sont vues, regardées, dévorées du regard et passées au crayon gamma des pensées de Charlotte Beaudry. Qui a commencé à les dessiner sur des sous-bocks en choisissant, parfois, juste un détail. Dessiner pour voir autrement. Dessiner pour appréhender, pour connaître.

 

Pour découvrir, derrière ces filles des selfies, ces instagirls d’Instagram, des filigranes sur le fil du rasoir, des reflets d’apparences rêvées, des êtres cassés, des paranoids (paranoïaques), possédées d’un trouble mental manifesté par des difficultés relationnelles, des troubles du comportement tels que communiquer ne peut se faire que par le biais de ses propres images sur les réseaux sociaux.

 

Mais, bien que le format circulaire des sous-bocks soit le même que celui des photos de profil d’Instagram, ces images sorties de leur contexte – et de leurs gonds – ne dévoilent pas que les misères sentimentales et relationnelles de l’humain : elles passent de l’autre côté du miroir pour raconter de nouvelles histoires, images e-nées et fantasmées par l’artiste, par l’écrivain et par le spectateur, vagabonds heureux d’un récit, même fictif, surtout fictif. Car, quel que soit le sens dans lequel on place son sous-bock, le sens dessus dessous n’est, finalement, qu’une question de point de vue. Celui de la narratrice.

 

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