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01 Oct Fouad Bouchoucha

Du 01-10-2015 au 31-10-2015

La Yoko Uhoda Gallery a le plaisir de vous présenter un solo show de l’artiste Fouad Bouchoucha.

Vernissage : Jeudi 1er octobre de 18 à 21h.

Fouad Bouchoucha
Nouvel Ordre Mondial

Le Web est le sable mouvant de tous les possibles pour l’esprit humain. Il est notre nouvelle encyclopédie et il peut même façonner notre méthode réflexive. Il conditionne notre culture. Il est aussi l’espace où toutes les irrésolutions et les scepticismes s’expriment et s’intensifient. Cet espace de remise en question est d’ailleurs sain pour établir un débat démocratique.
En effet, le Web est le nouvel espace de travail journalistique, non plus top-down et professionnel mais horizontal et populaire. Le Web est devenu une fabuleuse caisse de résonance globale de la rumeur et du doute.  Il pousse au paroxysme le fonctionnement de la rumeur par diffusion virale. C’est le 11 septembre qui a enflammé le World Wide Web avec l’apparition presque immédiate et très largement partagée des théories du complot. Elles ont fait ressurgir les maçons et les sionistes, et émerger le nouvel ordre mondial à la connaissance d’une plus large part des populations occidentales. Les théories du complot, c’est la face de la médaille ; la propagande, c’est le côté pile. En effet, les complots existent. L’administration Bush en a d’ailleurs ourdi.

La paréidolie est un mot qui se répand également. Il qualifie une fonction cognitive qui nous permet de reconnaître des visages, des éléphants ou des soucoupes volantes dans les nuages, les tests de Rorschach ou les photos de Mars. Elle pourrait être l’outil cognitif majeur des partisans des théories complotistes, qui aiment à reconnaître dans les images des erreurs ou des formes cachées. « Les apparences sont donc toujours trompeuses. (…) Tout est lié mais de façon occulte. L’interprète doit donc s’efforcer de “désocculter“ les relations entre forces obscures. Les liaisons invisibles doivent être dévoilées ou décryptées. (…) Plus le complot est vaste, plus il se rapproche du “complot mondial“, plus le travail symptomatologique prend de l’importance. » Les images sont au cœur des recherches des anticomplots, qui les dissèquent, les étirent, les retournent et les colorent pour faire apparaître ce qu’elles devaient garder caché. Lorsque le doute glisse vers la paranoïa, l’image apporte la stabilité par les preuves.
Notre monde est connu à travers Google, construit par la suite Adobe et présenté sous Word. Ces outils de conception dominent la création et la façonnent à l’échelle mondiale. Les images qui sont produites à travers eux véhiculent une part de cette origine et présentent l’uniformisation. Cependant, la disparité dans les exigences esthétiques des logos et formes de communication ne cache en rien l’impératif partagé d’amener des personnes à suivre le mouvement. Si les images sont créées afin de manipuler, alors dévoiler les signes masqués nous affranchis.

Les signes et les images, les interfaces des logiciels, les détournements sont le terreau des dessins de Bouchoucha. À travers eux, c’est la double quête des « pro » et des « anti » qui s’affiche. Des quêtes de persuasion et de foi.
Lorsque l’artiste se pose des questions sur les outils informatiques qu’il utilise, ce sont ces informations qui émergent. Les partisans des théories du complot emploient ces mêmes logiciels qu’ils dénoncent et prouvent d’ailleurs la présence récurrente du chiffre du diable dans leurs logos.
Les œuvres de Bouchoucha impliquent de réfléchir à leurs origines conceptuelles et techniques, à leurs références artistiques et surtout populaires. Elles imposent alors de déconstruire nos croyances en l’ordre et le chaos, car ces derniers ne sont pas ce qu’ils semblent être.

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